La nuit introuvable, le premier roman de Gabrielle Tuloup

La nuit introuvable, le premier roman de Gabrielle Tuloup, est un livre qui questionne, qui interroge sur les relation entre un fils et une mère dont le non-dits ont jusqu’à présent rythmés leur vie.

La nuit introuvable, le premier roman de Gabrielle Tuloup _ qu’est ce que c’est ?

Lorsque Nathan Weiss, 40 ans, expatrié en Slovénie, reçoit un appel téléphonique d’une inconnue, Jeanne Silet, il apprend que sa mère Marthe souhaite le revoir. Cette mère qu’il a oubliée à force d’indifférence depuis le décès de son père.

C’est ainsi que Nathan retrouve Marthe à Paris, atteinte d’Alzheimer, ne le reconnaissant plus vraiment. Mais, avant que la maladie n’ait progressé, elle avait confié huit lettres à Jeanne, avec pour instruction de les remettre à Nathan selon un calendrier précis. Nathan se sent manipulé par ce jeu qui toutefois va l’intriguer dès l’ouverture de la première lettre.

Ces textes d’une mère à son fils, d’une poignante sincérité, vont éclairer Nathan sur la jeunesse de Marthe, sur le couple qu’elle formait avec son mari Jacques, sur la difficulté qu’elle avait à aimer ce fils envers qui elle était si froide. Tandis qu’il découvre ce passé familial, Nathan se débat avec ses amours impossibles, sa solitude, ses fuites. Et si la résolution de ses propres empêchements de vivre se trouvait dans les lettres que Marthe a semées pour tenter de réparer le passé ?

Extrait

Janvier 2013
[…]
Jeanne a choisi un médecin charmant. Il a fait tous les examens nécessaires. Le diagnostic n’a surpris personne. Puisque Alzheimer a choisi d’élire domicile dans mes souvenirs, j’ai décidé d’être polie : j’ouvre la porte.
[…]
Je n’irais pas jusqu’à mettre un de ces paillassons « Welcome » devant ma porte, mais au fond, qu’il s’essuie bien les pieds en entrant, je m’en lave les mains. Tu vois, je signe le bail. Vieille déformation professionnelle, me diras-tu, cette manie des contrats. J’accélère simplement la procédure. Je cède mes parts, en priant pour que le nouveau propriétaire s’attaque d’abord aux recoins sombres. Qu’il me laisse la lumière. Le plus longtemps possible le visage de ton père et le tien. Le plus longtemps possible ton prénom que nous avons choisi ensemble.

Quand je pense que ta grand-mère gardait tout, qu’elle vivait dans un musée du passé, je trouve l’histoire pleine d’humour ! J’avais aussi, plus jeune, ce souci de retenir la vie qui passe, du moins d’en garder la trace. On ne devient pas clerc de notaire par hasard.
[…]
Aujourd’hui, moi aussi je marque. J’ai peut-être un peu trop triché. Moi aussi, Nathan, j’ai mes sillons et mes parcelles disparues trop tôt. Je signe un bail avec l’oubli, mais qui gardera la mémoire de mes biens, de mes compromis, de mes dédits ? Il ne reste déjà qu’un bien maigre territoire de mon passé. Tout file. Ton père est mort et tu es parti loin. À moins que ce soit moi qui n’aie jamais pu être proche.
Je ne veux surtout pas emporter mon secret. Mes vices cachés le sont au pli d’une ride mais les caresses de Jacques ne me lisent plus. Ton père avait de ces mains qui savent quand la peau braille d’avoir eu mal quelque part. Le corps qu’on n’aime plus se tait doucement.

Je sais qu’il est temps d’oublier, de tout alléger, mais pas avant d’avoir rempli le registre. Aujourd’hui, mon fils, il me faut te décrire mes terres muettes, le bien qu’on m’a volé. Il me faut te confier ce que je n’ai pu dire à personne, pas même à ton père.

L’avis de Plus de Mamans

Dans son premier roman Gabrielle Tuloup a décidé de nous plonger dans une histoire de famille. Celle de Nathan Weiss qui avait décidé d’oublier sa mère, en quittant la France. Mais la vie va le rattraper. En effet, sa mère a décidé de lui remettre au compte-goutte une série de lettres … Ces dernières vont bouleverser sa vie actuelle. Les non-dits, qu’il va découvrir dans ses lettres, vont lui permettre éclairer son passé et d’aller vers son futur.

A travers la lecture de ses lettres, on découvre l’histoire d’un fils et d’une mère qui n’ont pas su se parler et … s’aimer au fil des années.

On oscille entre lecture des courriers et le cheminement personnel de Nathan. On attend comme lui la lecture de la prochaine lettre afin d’en savoir plus sur la vie de cette mère absente. On se questionne également sur la maladie d’alzheimer dont Marthe, la mère de Nathan est atteinte. On a parfois le ventre noué en se projetant dans cette histoire, en se disant « et si moi aussi j’étais un jour confronté à cette maladie avec un proche ».

On a un regard bienveillant sur Marthe, et on chemine avec Natha, qui va finalement être prêt à pardonner et à aimer (sa mère).

Bref je n’ai pas vu les pages défiler en lisant « La nuit introuvable », le premier roman de Gabrielle Tuloup, et je ne peux que vous le conseiller.

La nuit introuvable
de Gabrielle Tuloup
Éditions Philippe Rey
Prix : 16€00

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